⚕️ Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis de votre vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre chien, consultez un professionnel.
Votre vétérinaire vient de prononcer le mot « obésité » en parlant de votre chien. Ou peut-être avez-vous simplement remarqué que votre compagnon s’essouffle plus vite qu’avant, que sa silhouette s’est arrondie, que ses promenades se sont raccourcies. Quelle que soit la manière dont vous en avez pris conscience, une chose est certaine : vous n’êtes ni seul, ni coupable.
L’obésité canine est aujourd’hui l’un des problèmes de santé les plus fréquents chez nos chiens. En France, les études vétérinaires les plus récentes estiment qu’environ un chien sur trois est en surpoids ou obèse [¹][²]. C’est un constat partagé dans tous les pays occidentaux, et il ne cesse de s’aggraver d’année en année.
La bonne nouvelle ? L’obésité canine n’est pas une fatalité. Comprendre pourquoi votre chien a pris du poids, savoir reconnaître les signaux d’alerte et mesurer les risques réels pour sa santé — c’est la première étape, et souvent la plus importante. C’est exactement ce que vous allez trouver dans ce guide.
Ce pilier est votre point de départ. Il vous donne les clés pour comprendre ce qui se passe. Pour passer à l’action ensuite — adapter son alimentation, mettre en place un programme de perte de poids — d’autres guides complets vous accompagneront pas à pas sur chienobese.fr.
Sommaire
- Qu’est-ce que l’obésité canine exactement ?
- Comment savoir si votre chien est en surpoids ?
- Pourquoi votre chien grossit-il ? Les causes principales
- Quels sont les risques pour la santé de votre chien ?
- Par où commencer ? Les premières étapes pour agir
- Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’obésité canine exactement ?
L’obésité canine se définit comme une accumulation excessive de tissu adipeux (graisse corporelle) qui altère la santé et le bien-être de l’animal. En médecine vétérinaire, on distingue généralement deux stades :
Le surpoids correspond à un excès pondéral de 10 à 20 % par rapport au poids idéal du chien. À ce stade, les côtes sont encore palpables mais recouvertes d’une couche de graisse plus épaisse que la normale. Le chien conserve généralement une bonne mobilité, mais les premiers signes apparaissent.
L’obésité est déclarée lorsque l’excès dépasse 20 % du poids idéal. Les côtes sont difficiles à sentir sous les doigts, la taille n’est plus visible vue de dessus, et le ventre ne remonte plus lorsqu’on observe le chien de profil. À ce stade, les conséquences sur la santé deviennent significatives.
Il est important de comprendre que l’obésité n’est pas simplement un problème « esthétique ». La communauté vétérinaire internationale la considère aujourd’hui comme une véritable maladie inflammatoire chronique [³]. Le tissu adipeux en excès n’est pas un simple « stockage » de graisse : il produit activement des substances inflammatoires (les adipokines) qui perturbent le fonctionnement de nombreux organes. C’est pourquoi les conséquences de l’obésité vont bien au-delà d’un simple problème de poids.
La différence entre « un peu enrobé » et « en danger »
Beaucoup de propriétaires — et c’est tout à fait compréhensible — ont du mal à évaluer objectivement la condition physique de leur chien. Une étude européenne menée dans plusieurs pays a montré qu’une proportion significative de propriétaires sous-estime le poids réel de leur chien, le jugeant « normal » alors qu’il est en réalité en surpoids [⁴]. Notre regard s’habitue, et ce qui nous semble « normal » peut en réalité cacher un surpoids bien installé.
C’est pourquoi les vétérinaires ne se fient pas uniquement à la balance. Ils utilisent un outil standardisé et reconnu mondialement : le score d’état corporel, ou BCS (Body Condition Score).
Comment savoir si votre chien est en surpoids ?
Le score d’état corporel (BCS) : l’outil de référence
Le Body Condition Score (BCS) est une échelle d’évaluation visuelle et tactile développée et validée scientifiquement, aujourd’hui recommandée par la WSAVA (World Small Animal Veterinary Association) [⁵]. Il existe en version 5 points ou 9 points — la version en 9 points étant la plus utilisée par les vétérinaires pour les petits animaux.
Le principe est simple : on observe le chien de dessus, de profil et on palpe ses côtes pour déterminer où il se situe sur l’échelle.
Les repères clés sur l’échelle à 9 points :
BCS 1 à 3/9 — Sous le poids idéal. Les côtes, les vertèbres et les os du bassin sont visibles ou très facilement palpables. Le chien présente une perte de masse musculaire. Ces scores indiquent une maigreur qui nécessite une attention vétérinaire.
BCS 4 à 5/9 — Poids idéal. Les côtes sont facilement palpables avec une fine couche de graisse. Vu de dessus, la taille est bien marquée. De profil, le ventre remonte nettement vers les pattes arrière (c’est ce qu’on appelle le « pli abdominal »). Un score de 4 correspond à un chien légèrement athlétique, un score de 5 est l’idéal standard.
BCS 6 à 7/9 — Surpoids. Les côtes sont palpables mais recouvertes d’un excès de graisse. La taille est peu visible de dessus. Le pli abdominal est réduit. À 7/9, il faut appuyer franchement pour sentir les côtes.
BCS 8 à 9/9 — Obésité. Les côtes ne sont quasiment pas palpables sous la couche de graisse. Il n’y a plus de taille visible ni de pli abdominal. À 9/9, des dépôts graisseux importants sont visibles sur le thorax, le cou, les membres et la base de la queue. Le ventre est distendu.
Le test des côtes : un geste simple à faire chez vous
Vous pouvez réaliser une première évaluation à la maison, en trois étapes :
Étape 1 — La vue de dessus. Placez-vous au-dessus de votre chien et regardez sa silhouette. Voyez-vous un creux entre les côtes et les hanches, formant une « taille » ? Si oui, c’est bon signe. Si la silhouette est ovale, sans creux visible, votre chien est probablement en surpoids.
Étape 2 — La vue de profil. Regardez votre chien de côté. Son ventre remonte-t-il vers les pattes arrière ? Ce pli abdominal est un signe de poids normal. Si le ventre est au même niveau que le thorax — ou pire, s’il pend — c’est un signal d’alerte.
Étape 3 — La palpation des côtes. Posez vos mains à plat sur les côtes de votre chien, sans appuyer. Vous devriez sentir chaque côte individuellement, comme si vous passiez vos doigts sur le dos de votre main. Si vous devez appuyer pour les sentir, ou si vous ne les sentez pas du tout, votre chien a un excès de graisse.
Ce test maison ne remplace pas l’évaluation vétérinaire, mais il vous donne une première indication précieuse. Si vous avez le moindre doute, prenez rendez-vous avec votre vétérinaire pour un bilan complet — il pourra peser votre chien, établir son BCS précis et déterminer son poids cible.
Le piège des poids « standards »
Il est tentant de se fier au poids indiqué dans le standard de la race pour savoir si votre chien est trop lourd. Mais cette approche a ses limites : deux labradors de même race peuvent avoir des gabarits très différents (ossature, musculature, taille). Un labrador de 30 kg peut être en parfaite forme, tandis qu’un autre au même poids sera en surpoids.
C’est pourquoi le BCS est un outil bien plus fiable que la balance seule. Il évalue la composition corporelle réelle de votre chien — la proportion de graisse par rapport à la masse musculaire — indépendamment de la race ou du gabarit.
Pourquoi votre chien grossit-il ? Les causes principales
L’obésité canine est rarement le résultat d’une seule cause. C’est la combinaison de plusieurs facteurs qui crée, progressivement, un déséquilibre entre l’énergie consommée et l’énergie dépensée. Voici les principales causes identifiées par la recherche vétérinaire.
Une alimentation trop riche ou en quantité excessive
C’est le facteur numéro un. Un chien qui reçoit plus de calories qu’il n’en dépense va stocker l’excédent sous forme de graisse. Et l’excès peut venir de sources que l’on ne soupçonne pas toujours : des croquettes trop riches en lipides, des portions trop généreuses, mais aussi et surtout les extras — friandises, restes de table, petits bouts de fromage donnés pour faire plaisir.
Ces extras, donnés avec tout l’amour du monde, peuvent représenter jusqu’à 20 à 30 % de l’apport calorique quotidien du chien. C’est souvent la part invisible du problème.
Pour comprendre comment adapter concrètement l’alimentation de votre chien à sa situation, consultez notre guide dédié : Alimentation du chien obèse : le guide complet.
La stérilisation
La stérilisation (castration chez le mâle, ovariectomie chez la femelle) modifie le métabolisme hormonal du chien. Les études montrent que le risque d’obésité est environ deux fois plus élevé chez les chiens stérilisés que chez les chiens entiers [⁶]. Deux mécanismes sont en jeu : une diminution des besoins énergétiques (le métabolisme ralentit) et une augmentation de l’appétit.
Cela ne signifie pas que la stérilisation condamne votre chien au surpoids. Cela signifie qu’une adaptation de l’alimentation et de l’activité physique est nécessaire juste après l’intervention. Si votre chien vient d’être stérilisé, notre article Chien obèse et stérilisation : comprendre le lien et agir vous expliquera tout en détail.
Le manque d’activité physique
Un chien qui ne se dépense pas suffisamment ne brûle pas assez de calories. Le phénomène s’amplifie avec le temps : le surpoids entraîne une fatigue plus rapide, qui entraîne une diminution de l’activité, qui entraîne une prise de poids supplémentaire. C’est un cercle vicieux bien connu des vétérinaires.
Les chiens vivant en appartement, les chiens dont les propriétaires ont un mode de vie sédentaire, et les chiens âgés dont l’activité diminue naturellement sont particulièrement exposés.
L’âge et le vieillissement
En vieillissant, le métabolisme du chien ralentit. Ses besoins énergétiques diminuent, mais son appétit, lui, reste souvent le même — voire augmente dans certains cas. Si l’alimentation n’est pas adaptée, la prise de poids est quasi inévitable.
Chez le chien âgé, le surpoids se combine souvent avec une perte de masse musculaire et des douleurs articulaires, ce qui rend la situation particulièrement préoccupante. Si vous êtes dans cette situation, notre guide Chien âgé et prise de poids : comprendre et agir en douceur vous apportera des réponses adaptées.
La prédisposition génétique de certaines races
Certaines races sont plus prédisposées à l’obésité que d’autres. C’est le cas notamment du labrador, du golden retriever, du beagle, du cocker, du carlin, du teckel ou encore du cavalier King Charles [⁷]. Chez le labrador en particulier, une mutation du gène POMC (pro-opiomélanocortine) a été identifiée : elle entraîne une sensation de faim accrue et une difficulté à se sentir rassasié.
Cette prédisposition ne signifie pas que votre chien est condamné à être obèse. Elle signifie simplement que la vigilance sur l’alimentation et l’activité physique doit être renforcée. Vous trouverez des conseils spécifiques dans nos articles Labrador obèse : le guide complet et Mon chihuahua est trop gros : que faire ?.
Les causes médicales
Dans certains cas, la prise de poids n’est pas liée au mode de vie mais à une maladie sous-jacente. L’hypothyroïdie (une insuffisance de la glande thyroïde) et le syndrome de Cushing (une surproduction de cortisol) sont les deux causes médicales les plus fréquentes. Certains médicaments, notamment les corticoïdes et certains antiépileptiques, peuvent également favoriser la prise de poids.
Si votre chien grossit sans que vous ayez changé ses habitudes alimentaires ou s’il prend du poids brutalement, une consultation vétérinaire est indispensable pour écarter ces causes médicales.
Quels sont les risques pour la santé de votre chien ?
L’obésité canine n’est pas qu’une question de silhouette. Elle a des conséquences réelles et mesurées sur la santé de votre chien, certaines à court terme, d’autres à plus long terme. Voici les principales, documentées par la recherche vétérinaire.
Une espérance de vie réduite
C’est peut-être le chiffre le plus marquant. L’étude de référence menée par Kealy et ses collaborateurs sur 48 labradors suivis durant 14 ans a montré que les chiens maintenus à un poids idéal tout au long de leur vie vivaient en moyenne 1,8 an de plus que ceux en surpoids — soit une augmentation d’espérance de vie de 15 % [⁸]. Près de deux années supplémentaires de promenades, de jeux et de moments partagés : cela donne une perspective très concrète.
Des douleurs articulaires et de l’arthrose
L’excès de poids exerce une pression mécanique accrue sur les articulations — hanches, genoux, coudes — et accélère l’usure du cartilage. Les chiens en surpoids développent de l’arthrose plus tôt et de manière plus sévère [⁹]. Ils boitent, peinent à se lever, hésitent avant de monter les escaliers, et renoncent progressivement aux activités qu’ils aimaient. Pour les chiens qui souffrent déjà d’arthrose, notre page dédiée à la santé vétérinaire du chien obèse aborde ce sujet en profondeur.
Des troubles respiratoires
Le surpoids comprime la cage thoracique et gêne la respiration. Les chiens obèses s’essoufflent plus rapidement, halètent même au repos lors des journées chaudes, et supportent moins bien l’effort. Ce phénomène est encore plus marqué chez les races brachycéphales (museau court) comme le bouledogue français ou le carlin. Si votre chien est essoufflé en lien avec son poids, il est important d’en comprendre les mécanismes.
Un risque accru de diabète
Chez le chien, le diabète est le plus souvent de type I (destruction des cellules productrices d’insuline). L’obésité n’en est donc pas la cause directe comme chez l’humain. En revanche, l’excès de graisse diminue la sensibilité à l’insuline (insulinorésistance), ce qui complique fortement la gestion d’un diabète existant et peut accélérer son apparition chez les chiens prédisposés [³].
Des troubles cardiovasculaires
Le cœur d’un chien obèse travaille davantage pour irriguer une masse corporelle plus importante. À la longue, cet effort supplémentaire peut entraîner de l’hypertension et une fatigue cardiaque. Les chiens obèses sont également plus exposés aux complications lors d’anesthésies, ce qui complique les interventions chirurgicales.
Un système immunitaire affaibli
L’inflammation chronique causée par l’excès de tissu adipeux perturbe le fonctionnement du système immunitaire. Les chiens obèses sont plus vulnérables aux infections et cicatrisent moins bien. La recherche a montré que la perte de poids entraîne une diminution significative des marqueurs inflammatoires comme le TNF-α et la protéine C-réactive [¹⁰].
Des troubles dermatologiques
Les plis cutanés créés par l’excès de graisse sont des zones propices au développement d’infections cutanées (dermatites). La peau peut devenir grasse, irritée, et les démangeaisons s’accentuent.
Une diminution globale de la qualité de vie
Au-delà des maladies spécifiques, un chien obèse est un chien qui vit moins bien. Il joue moins, se déplace avec difficulté, dort davantage, et peut montrer des signes de mal-être comportemental. Son quotidien se réduit progressivement. Et c’est souvent cet aspect — voir son compagnon perdre sa joie de vivre — qui motive le plus les propriétaires à agir.
Par où commencer ? Les premières étapes pour agir
Vous avez maintenant une vision claire de ce qu’est l’obésité canine, de ses causes et de ses conséquences. La question naturelle qui suit : que faire concrètement ?
Voici les trois premières étapes que nous recommandons.
1. Faites évaluer votre chien par un vétérinaire
Avant tout changement, un bilan vétérinaire est indispensable. Il permettra de déterminer le BCS exact de votre chien, d’établir un poids cible réaliste, et surtout d’écarter toute cause médicale sous-jacente (hypothyroïdie, Cushing, etc.). Ce rendez-vous est le vrai point de départ de toute démarche efficace.
2. Adaptez son alimentation
L’alimentation est le levier principal de la perte de poids chez le chien — bien plus que l’exercice physique. Mais « réduire les portions » n’est pas toujours suffisant ni même la bonne approche. Choisir une alimentation adaptée au stade de votre chien (surpoids débutant, obésité confirmée) fait toute la différence. Notre guide complet sur l’alimentation du chien obèse vous accompagnera dans ce choix. L’activité physique reste cependant un complément précieux : découvrez comment l’adapter dans notre guide sur l’exercice pour faire maigrir son chien.
3. Mettez en place un programme progressif
La perte de poids chez le chien doit être progressive et encadrée — ni trop rapide, ni trop ambitieuse. Un bon rythme est de viser 1 à 2 % de perte de poids par semaine. Pour découvrir un plan d’action concret, semaine par semaine, consultez notre guide Faire maigrir son chien : programme et conseils.
Questions fréquentes
Mon chien est « juste un peu enrobé » — est-ce vraiment un problème ?
Oui, même un surpoids modéré a des conséquences mesurables sur la santé. L’étude Kealy menée sur 14 ans a montré que même une différence de condition corporelle modérée entre deux groupes de labradors entraînait des effets significatifs sur la longévité et l’apparition de maladies chroniques [⁸]. Le surpoids est le premier stade d’un continuum qui mène à l’obésité, et c’est à ce stade qu’il est le plus facile d’agir.
Comment savoir si mon chien est obèse ou juste en surpoids ?
La distinction repose sur le score d’état corporel (BCS). Un chien en surpoids se situe entre 6 et 7 sur l’échelle de 9, un chien obèse entre 8 et 9. Concrètement, si vous pouvez encore sentir les côtes en appuyant légèrement, votre chien est probablement en surpoids. Si vous ne les sentez plus du tout, il est en obésité. Seul votre vétérinaire pourra poser un diagnostic précis.
Est-ce que la stérilisation fait forcément grossir un chien ?
Non, la stérilisation ne fait pas « automatiquement » grossir. Mais elle modifie le métabolisme et l’appétit de manière à augmenter significativement le risque de prise de poids. Avec une adaptation rapide de l’alimentation et de l’activité physique après l’intervention, ce risque peut tout à fait être maîtrisé. Tout est dans l’anticipation.
Certaines races grossissent-elles plus facilement que d’autres ?
Oui, la prédisposition génétique est bien documentée. Le labrador, le golden retriever, le beagle, le cocker, le cavalier King Charles, le carlin et le teckel font partie des races les plus exposées [⁷]. Chez le labrador, une mutation génétique spécifique (gène POMC) est directement liée à une augmentation de la faim et à une difficulté à se sentir rassasié.
Mon chien grossit sans que j’aie rien changé — pourquoi ?
Plusieurs explications sont possibles. Le vieillissement entraîne une diminution naturelle du métabolisme. La stérilisation peut avoir le même effet. Mais une prise de poids inexpliquée peut aussi être le signe d’une maladie (hypothyroïdie, syndrome de Cushing). Si votre chien grossit sans raison apparente, consultez votre vétérinaire. Notre article Mon chien grossit sans manger plus : comprendre pourquoi détaille les causes possibles.
L’obésité peut-elle réduire l’espérance de vie de mon chien ?
Oui, c’est scientifiquement démontré. L’étude de référence sur les labradors a mis en évidence une différence d’espérance de vie de 1,8 an en moyenne entre les chiens maintenus à un poids idéal et ceux en surpoids [⁸]. D’autres recherches confirment qu’au sein de toutes les races étudiées, les chiens en surcharge pondérale ont une espérance de vie médiane plus courte [¹¹].
À partir de quand dois-je m’inquiéter ?
Dès que vous remarquez que les côtes de votre chien sont difficiles à palper, que sa taille n’est plus visible de dessus, ou qu’il s’essouffle plus rapidement qu’avant. Il n’y a pas de « seuil » à attendre — plus tôt vous agissez, plus les résultats seront rapides et la santé de votre chien préservée.
Puis-je faire maigrir mon chien moi-même ou faut-il un vétérinaire ?
Vous pouvez faire beaucoup par vous-même — adapter les portions, réduire les friandises, augmenter l’activité. Mais un avis vétérinaire au départ est fortement recommandé pour fixer un objectif de poids réaliste, écarter une cause médicale et s’assurer que le régime ne crée pas de carences nutritionnelles. Le vétérinaire est votre allié, pas un juge.
Ce qu’il faut retenir
L’obésité canine touche environ un chien sur trois en France. Ce n’est pas un problème anodin : elle réduit l’espérance de vie, provoque des douleurs articulaires, augmente le risque de maladies chroniques et diminue la qualité de vie au quotidien. Mais c’est un problème qui se comprend, qui s’explique, et surtout qui se résout — à condition d’agir avec méthode et bienveillance.
Si vous venez de réaliser que votre chien est en surpoids, vous avez déjà franchi l’étape la plus importante : en prendre conscience. Votre chien a de la chance de vous avoir à ses côtés.
Votre prochaine étape : consultez votre vétérinaire pour un bilan, puis rendez-vous sur notre guide complet pour adapter l’alimentation de votre chien ou pour découvrir notre programme pour faire maigrir votre chien pas à pas.
“Votre chien mérite de retrouver une vie pleine d’énergie. Nous sommes là pour vous guider, sans jugement, avec des conseils concrets et validés.”
Dernière mise à jour : mars 2026
Avertissement médical — Les informations de cet article sont fournies à titre informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent pas un avis médical vétérinaire et ne sauraient remplacer une consultation professionnelle. Chaque chien est unique : consultez toujours votre vétérinaire avant de modifier l’alimentation, l’activité physique ou le traitement de votre animal. Les auteurs de ce site ne peuvent être tenus responsables de l’utilisation qui est faite de ces informations.
Références scientifiques
[¹] Colliard L., Ancel J., Benet J.-J., Paragon B.-M., Blanchard G. « Risk Factors for Obesity in Dogs in France », The Journal of Nutrition, vol. 136, n° 7, juillet 2006, p. 1951S-1954S. DOI : 10.1093/jn/136.7.1951S. Prévalence de 38,8 % de chiens en surpoids sur 616 chiens examinés à l’École Nationale Vétérinaire d’Alfort (ENVA).
[²] Blanchard T., Hoummady S., Roche M. et al. « Prevalence and factors associated with overweight and obesity in dogs presenting to French university veterinary teaching hospitals during the COVID-19 pandemic », Topics in Companion Animal Medicine, vol. 60, 2024, 100875. DOI : 10.1016/j.tcam.2024.100875. Prévalence de 35,3 % de surpoids sur 309 chiens examinés à Maisons-Alfort et Toulouse (2020-2022).
[³] German A.J. « Obesity in companion animals: new challenges, new solutions », Veterinary Focus, Royal Canin / WSAVA, 2024. Disponible sur : academy.royalcanin.com. L’obésité est définie comme une maladie inflammatoire chronique aux conséquences multi-organiques.
[⁴] Muñoz-Prieto A., Nielsen L.R., Dąbrowski R. et al. « European dog owner perceptions of obesity and factors associated with human and canine obesity », Scientific Reports, vol. 8, 2018, 13353. DOI : 10.1038/s41598-018-31532-0. Étude européenne montrant qu’une proportion significative de propriétaires sous-estime le poids de leur chien.
[⁵] WSAVA Global Nutrition Committee. Body Condition Score — Dog, grille d’évaluation sur 9 points. Disponible sur : wsava.org. Système développé et validé par Laflamme D.P. (1997) « Development and validation of a body condition score system for dogs », Canine Practice, 22(4), p. 10-15. (Pas de DOI — revue ancienne.)
[⁶] Lund E.M., Armstrong P.J., Kirk C.A., Klausner J.S. « Prevalence and Risk Factors for Obesity in Adult Dogs from Private US Veterinary Practices », International Journal of Applied Research in Veterinary Medicine, vol. 4, n° 2, 2006, p. 177-186. Disponible sur : jarvm.com. (Pas de DOI — revue sans attribution DOI.) Le risque d’obésité est environ deux fois plus élevé chez les chiens stérilisés.
[⁷] Raffan E. et al. « A Deletion in the Canine POMC Gene Is Associated with Weight and Appetite in Obesity-Prone Labrador Retriever Dogs », Cell Metabolism, vol. 23, n° 5, mai 2016, p. 893-900. DOI : 10.1016/j.cmet.2016.04.012. Mutation identifiée chez 23 % des labradors.
[⁸] Kealy R.D., Lawler D.F., Ballam J.M. et al. « Effects of diet restriction on life span and age-related changes in dogs », Journal of the American Veterinary Medical Association, vol. 220, n° 9, 2002, p. 1315-1320. DOI : 10.2460/javma.2002.220.1315. Étude longitudinale sur 48 labradors suivis durant 14 ans. Espérance de vie médiane prolongée de 1,8 an (15 %) chez les chiens maintenus à un poids optimal.
[⁹] Smith G.K., Paster E.R., Powers M.Y. et al. « Lifelong diet restriction and radiographic evidence of osteoarthritis of the hip joint in dogs », Journal of the American Veterinary Medical Association, vol. 229, n° 5, 2006, p. 690-693. DOI : 10.2460/javma.229.5.690.
[¹⁰] German A.J., Hervera M., Hunter L. et al. « Improvement in insulin resistance and reduction in plasma inflammatory adipokines after weight loss in obese dogs », Domestic Animal Endocrinology, vol. 37, n° 4, 2009, p. 214-226. DOI : 10.1016/j.domaniend.2009.07.001.
[¹¹] Salt C., Morris P.J., Wilson D. et al. « Association between life span and body condition in neutered client-owned dogs », Journal of Veterinary Internal Medicine, vol. 33, n° 1, 2019, p. 89-99. DOI : 10.1111/jvim.15367.